Prix de la Fondation 2024

Pour l’année 2024, le Comité scientifique de la Fondation pour la Recherche sur le Diabète a décidé de soutenir deux projets de recherche innovants, celui du Prof Timothy Frayling de l’Université de Genève concernant le diabète de type 1 et 2, et celui du Dr Ludovic Mure de l’Université de Berne sur le diabète de type 1.

Chaque projet recevra un montant de CHF 50’000.

Voici une description résumée de chaque étude.

Projet du Prof Timothy Frayling « Identification des variantes génétiques rares affectant le risque de diabète non insulinodépendant »

Le diabète de type 2 a une composante génétique importante, ce qui signifie que certaines personnes peuvent développer la maladie sans être en surpoids, et que d’autres peuvent être en surpoids sans souffrir de diabète.

Dans le cadre de ce projet de recherche, le but sera d’obtenir une image plus détaillée de la manière dont les variations de notre séquence d’ADN influencent le risque de diabète de type 2.
Les recherches précédentes se sont concentrées sur des modifications très rares (présentes chez moins de 1 personne sur 5 000) ou très courantes (présentes chez plus de 1 personne sur 50) de notre ADN. Jusqu’à présent, ces études n’ont pas été en mesure de tester de manière adéquate l’énorme quantité de variations dans le génome humain qui se produisent chez 1 personne sur 50 à 1 personne sur 5 000.
Dans ce projet, de nouvelles données seront utilisées – la séquence complète du génome humain de 750 000 personnes, dont 80 000 atteintes de diabète de type 2, et seront reliées au risque de diabète. Ces données comprennent plus d’un milliard de changements dans notre ADN, mais pour la majorité de ces changements, nous savons très peu de choses sur leur rôle dans le diabète.
Les résultats pourraient aider à comprendre les cellules, les tissus et les moments précis de la vie qui jouent un rôle important dans le risque de diabète. Elles pourraient également permettre d’identifier des sous-types spécifiques de diabète chez certaines personnes et, par conséquent, des traitements et des interventions potentiellement plus spécifiques.

Les requêtes sont à adresser par courriel à la :

Fondation pour la Recherche sur le Diabète

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Fondation pour la Recherche sur le Diabète

Projet du Dr Ludovic Mure « Reprogrammation moléculaire et fonctionelle des ipRGCs avec la rétinopathie diabétique »

La rétinopathie diabétique (RD) est la complication la plus courante du diabète et peut se développer chez toute personne atteinte de diabète de type 1 ou de type 2. Elle survient chez 30 à 40 % des diabétiques. La RD est la conséquence d’une hyperglycémie prolongée qui endommage les vaisseaux sanguins de la rétine et provoque une ischémie, puis une hypoxie, et entraîne une inflammation, un stress oxydatif et, finalement, la mort des cellules rétiniennes. La rétinopathie diabétique peut conduire à la cécité légale.

Outre la déficience visuelle, les réponses dites “non visuelles“ à la lumière sont également affectées; elles incluent des troubles des rythmes biologiques, une mauvaise qualité du sommeil, une somnolence diurne et une prévalence plus élevée de la dépression. Les ipRGCs, un type de cellules ganglionnaires photosensibles, sont les principaux médiateurs de ces réponses mais, alors qu’elles semblent montrer une atteinte précoce lors d’une RD, elles restent peu connues.

Ce projet de recherche propose une approche innovatrice couplant des enregistrements électrophysiologiques de la rétine et un séquençage de nouvelle génération pour déterminer comment le fonctionnement et l’expression génique des ipRGCs est altérée avec le diabète ainsi que la chronologie de ces atteintes par rapport aux autres symptômes de la maladie.

Ces résultats sont essentiels pour quantifier le déficit d’information lumineuse au cerveau,  proposer des stratégies de compensation pour améliorer la qualité de vie du patient et déterminer si les réponses dépendantes des ipRGCs peuvent être utilisées comme prédicteurs de la RD.

Historique des projets primés

2023

Chaque année, la Fondation pour la Recherche sur le Diabète apporte son généreux soutien à un projet de recherche médicale sur cette maladie.Pour l’année 2023, le Comité scientifique de la fondation a choisi de retenir le projet de Mme Eva Brú Tarí, chercheuse à l’Université de Genève, au Département de médecine génétique et du développement, qui concerne aussi bien le diabète de type 1 que celui de type 2. Un montant de CHF 100’000 (cent mille francs suisses) lui sera remis qui lui permettra de poursuivre ses recherches sur « l’identification des facteurs de prévention des épisodes hypoglycémiques et de l’hyperglucagonémie chez les patients diabétiques en raison d’un dysfonctionnement des cellules α ».

Voici une description résumée de son étude.

L’insuline, sécrétée par les cellules bêta des îlots pancréatiques, est l’hormone cruciale dans la régulation du taux du sucre sanguin (glycémie). Les cellules alpha, aussi présentes dans les îlots, libèrent le glucagon, qui a un effet opposé à l’insuline.

Les diabétiques de type 1 et de type 2 montrent des perturbations du contrôle glycémique et des risques d’hypoglycémie causés en partie par une sécrétion anormale du glucagon par les cellules alpha. Hélas, la cause exacte de ces défauts est toujours méconnue à ce jour. On ne sait toujours pas si le déficit en insuline ou l’absence de cellules bêta, ou les deux, sont la cause principale du dysfonctionnement des cellules alpha.

Il n’est pas exclu que des perturbations dans la communication locale au sein des îlots puissent conduire à une sécrétion du glucagon déréglée dans le diabète.

Une meilleure compréhension des signaux intra-insulaires assurant une sécrétion adéquate du glucagon pourrait fournir de nouvelles cibles pour restaurer la fonction des cellules alpha dans le diabète ; ceci devrait aider à stabiliser les niveaux de glucose et à prévenir l’hypoglycémie, qui est potentiellement mortelle.

Le but de cette recherche est d’explorer la fonction des cellules alpha et la sécrétion du glucagon, qui est perturbée en l’absence des cellules bêta. La proximité de ces 2 types cellulaires dans l’îlot joue certainement un rôle dans la régulation de leur fonction. Cette étude fort intéressante et dont l’aspect translationnel est bien présent, est importante pour les personnes atteintes du diabète ; l’hypoglycémie, notamment, constitue une complication fréquente de la maladie.

2022

La Fondation pour la recherche a récompensé deux projets de recherche en 2022. Innovants, prometteurs, et importants tant pour le diabète de type 1 que de type 2. Les Prix ont été officiellement remis aux lauréats lors d’une cérémonie le 24 novembre 2022.

Les projets seront ensuite régulièrement suivis, leurs avancements résumés, jusqu’à une publication à leur terme.

Nous sommes fiers de vous présenter ici un résumé des deux sujets qui ont été sélectionnés.

Prix de CHF 50’000.-

Dre Gloria URSINO – Nouveaux mécanismes insulino-indépendants pour améliorer le contrôle métabolique du diabète.    

La Dre Gloria Ursino est une chercheuse  au Centre Facultaire du Diabète de l’Université de Genève. Ses recherches portent sur l’amélioration du contrôle métabolique du diabète.

Ce projet, présenté par l’équipe du Prof. Coppari, s’intéresse essentiellement au contrôle glycémique du diabète, en tentant de réduire les doses d’insuline, ou même de les supprimer. Cette étude concerne aussi bien les patients avec le diabète de type 1 que de type 2, puisque ces derniers peuvent avoir tôt ou tard besoin d’insuline dans l’histoire de leur maladie.

Un excès d’insuline provoque des méfaits sur le métabolisme des patients. Pouvoir réduire les doses d’insuline pour les patients permettra  de réduire ces méfaits et, tout en gardant l’équilibre glycémique, de diminuer les risques d’hypoglycémie.

L’équipe du Prof. Coppari a effectué un travail remarquable au sein du Centre Médical Universitaire, sur une protéine (S100A9) qui a confirmé chez les souris diabétiques un renforcement de l’efficacité de l’insuline injectée. La Fondation pour la recherche sur le diabète avait soutenu il y a quelques années les prémices de cette étude sur les souris, pour laquelle une publication récente vient d’être acceptée dans le journal « Nature Communications ».  Cette étude a démontré sur les souris que si l’insuline est jointe à cette protéine S100A9, son efficacité augmente et donc les doses peuvent être diminuées de façon importante.

Aujourd’hui, avec le projet retenu par la Fondation, la Dre Gloria Ursino est responsable de passer à l’application de cette protéine à l’humain diabétique, en espérant confirmer ces résultats de diminution des doses d’insuline nécessaires, voire leur suppression. Et pouvoir appliquer cela aux patients.

Il s’agit d’un bel espoir pour l’amélioration des dosages d’insuline chez les patients diabétiques de type 1 et de type 2, incluant un potentiel vers un développement pharmacologique.

Prix de CHF 53’934.-

Dr Karim GARIANI – Évaluation de l’impact du dépistage de la parodontite par intelligence artificielle chez les patients diabétiques.

Le Dr Karim Gariani est un jeune médecin chercheur en voie de devenir indépendant. Il vient d’être nommé médecin responsable de l’Unité de diabétologie aux HUG.

Ce projet s’intéresse à l’impact de l’intelligence artificielle pour le dépistage de la parodontite chez les patients diabétiques. Il s’agit d’une complication du diabète qui est moins connue que d’autres, mais majeure.

L’étude concerne l’observation et la surveillance de l’état buccodentaire des patients diabétiques aussi bien de type 1 que de type 2.  En effet, l’hyperglycémie déséquilibrant la flore buccale, les patients diabétiques ont un risque augmenté de développer une parodontite, entrainant beaucoup de dégâts et de frais dentaires. Et la présence d’une parodontite elle-même est associée à un plus mauvais contrôle glycémique, et donc à une détérioration de la prise en charge du diabète.

Ce projet est donc d’importance puisqu’il explore une complication souvent peu connue ou négligée, afin d’améliorer la condition de vie de tous les patients diabétiques. Mettre à jour un problème qui survient fréquemment chez les diabétiques permettra de prêter plus attention à l’état buccodentaire lors du suivi régulier des patients par leur médecin.

2021

Le projet lauréat en 2021 est intitulé « Déchiffrer les mécanismes du diabète de type 1 chez les enfants grâce à la génétique et à l’intelligence artificielle : un premier pas vers la médecine de précision » et est conduit par la Prof. Schwitzgebel. Le but de cette recherche sera de déterminer si différents sous-types existent dans le diabète de type 1 chez l’enfant et si différents mécanismes peuvent mener au développement de cette maladie métabolique. Pour y arriver, une analyse de données génétiques, biologiques et cliniques sera effectuée à l’aide de l’intelligence artificielle. Au final, la compréhension du processus du développement du diabète de type 1 sera améliorée, et une implémentation de futurs traitements ciblés pourra voir le jour.
Cette année, le comité scientifique de la Fondation, sur avis d’un jury indépendant, a choisi d’attribuer son prix au projet mené par la Professeure Valérie Schwitzgebel et la Doctoresse Patricia Diaz Escagedo pour un montant de CHF 89’500.

Projet : Déchiffrer les mécanismes du diabète de type 1 chez les enfants grâce à la génétique et à l’intelligence artificielle : un premier pas vers la médecine de précision.

Investigateurs : Patricia Diaz Escagedo et Valérie Schwitzgebel 

2020

Le Prix de la Fondation 2020 a été remis à un projet de recherche fondamentale ou clinique mené dans la région lémanique à hauteur de CHF 84’111.

Professeur Thomas et Docteur Vaucher  (CHUV-UNIL) – Association entre l’exposition à l’arsenic et le diabète de type 2. Parmi les métaux lourds, l’arsenic inorganique, naturellement présent dans l’eau potable et dans de nombreux aliments du quotidien, comme le riz, pourrait influencer la survenue d’un diabète. En effet, des études observationnelles, ne permettant toutefois pas d’établir un lien formel de cause à effet, montrent que l’exposition chronique aux formes toxiques de l’arsenic, même à faible dosage dans l’eau potable ou le riz, est associée au diabète. L’analyse des données d’une étude épidémiologique menée par le CHUV permettra d’y répondre. En utilisant les données de 6’733 individus inclus dans une large étude épidémiologique basée au Centre Hospitalier Universitaire Vaudois depuis 2003 (étude Colaus|Psycolaus ; www.colaus-psycolaus.ch), le but de ce projet est d’aller plus loin dans la compréhension de l’association entre arsenic et diabète, en s’appuyant sur une approche génétique éprouvée qui permettra d’établir, ou pas, l’effet direct de l’arsenic sur le développement du diabète.

2019

Grâce aux généreux donateurs, le Prix de la Fondation 2019 a été remis à deux projets de recherche fondamentale ou clinique menés dans la région lémanique à hauteur de CHF 179’351.

Professeur Roberto Coppari (UNIGE) – CHF 100’000. Vers une meilleure gestion du diabète. Le prof. Coppari étudie le rôle de la Leptine dans les traitements de nouvelle génération. Ce projet de recherche est soutenu par de nombreux résultats préliminaires et propose une hypothèse ori- ginale qui ouvre des perspectives intéressantes pour la compréhension et surtout la prise en charge du déficit en insuline dans le diabète.

Messieurs Olivier Preynat-Seauve et Nicolo Brembilla (UNIGE) – CHF 79’351.

Étude préclinique de l’efficacité et de la sécurité d’une éponge de cellules souches pour le traitement des ulcères du pied diabétique. Ce projet devrait permettre de faire une avancée importante pour la prise en charge des ulcères des pieds chez les diabétiques.

2018

Appui financier à des projets de recherche fondamentale ou clinique, le Prix de la Fondation 2018 soutient deux projets de recherche menés dans la région lémanique pour un montant total de CHF 113’000 :

Mme Ana Claudia Marques, Professeure assistante, UNIL mène un projet de recherche sur l’ARN non-codant appelé lincINS1, un régulateur de l’expression du gène de l’insuline : des mutations dans le gène lincINS1 provoquent des diminutions importantes du taux d’insuline dans le sang et peuvent ainsi causer l’apparition du diabète. Ce projet vise à établir comment cet ARN non-codant régule les niveaux d’insuline afin de comprendre le rôle des ARN non-codants dans la physiologie des cellules bêta-pancréatiques et comment ces derniers contribuent à l’apparition du diabète.

M. Emmanuel Somm, Docteur en biologie, HUG-UNIGE travaille sur un projet de recherche sur le rôle de l’interleukine-36 dans le contrôle du poids corporel, du métabolisme énergétiques et de l’inflammation des tissus métaboliques : l’inflammation associée à une surcharge pondérale est une des causes majeures de la perte de réponse à l’insuline qui caractérise le diabète de type 2. Ce projet vise à comprendre le rôle que joue l’interleukine-36, médiateur de l’inflammation récemment découvert, tout particulièrement dans sa communication entre l’intestin et son microbiote, et des conséquences de ce dialogue sur le fonctionnement du foie.

2017

Cette année, la Fondation a décidé de soutenir les projets suivants avec un montant total de CHF 184’000 :

Le projet de recherche fondamentale d’Estelle Brioudes, Faculté de Médecine de Genève : Le diabète de type 1 est caractérisé par l’infiltration des îlots de Langerhans par des cellules du système immunitaire et aussi par  la modification de leur matrice extracellulaire. Celle-ci est impliquée au niveau de la sécrétion d’insuline et dans la survie des cellules beta. Syndeca-4 est l’une des protéines composant cette matrice. Les résultats préliminaires du projet mené par Estelle Brioudes montrent que Syndecan-4 serait régulé par les cytokines pro-inflammatoires, mais la voie de signalisation par laquelle interviendrait cette régulation et la fonction de Syndecan-4 n’est pas encore connue. Le but de ce projet est donc de caractériser la voie de signalisation qui intervient dans cette régulation et aussi de déterminer le rôle de Syndecan-4 dans la mise en place du diabète de type 1.

Le projet de recherche fondamentale de Christophe de Montessuit, Faculté de Médecine de Genève : il étudie aux niveaux cellulaire et moléculaire les mécanismes qui régulent le métabolisme du glucose dans le muscle cardiaque. Ce métabolisme revêt une importance vitale durant les épisodes d’ischémie et re-perfusion du myocarde mais pourrait être réduit dans le diabète et le syndrome métabolique par des mécanismes encore incomplètement élucidés. Cette dysfonction du métabolisme myocardique du glucose dans le diabète pourrait expliquer pourquoi les patients diabétiques ont des infarctus du myocarde plus graves que des patients non-diabétiques. Il va s’attacher à comprendre les mécanismes intracellulaires qui réduisent la stimulation du transport de glucose par l’ischémie, ainsi qu’à identifier d’autres mécanismes qui permettraient de la rétablir. Ces études seront menées sur un modèle in vitro de cardiomyocytes isolés, ainsi que sur un modèle in vivo de diabète de type II chez le rongeur. »

2016

Le Prix de la Fondation a apporté son soutien à 2 projets qui se partagent une enveloppe de CHF 123’000 :

Rôle des exosomes lymphocytaires dans la destruction des cellules β pancréatiques entrainant le diabète de type 1 : projet du Pr Romano Regazzi, Faculté de biologie et médecine, Département des neurosciences fondamentales (UNIL-CHUV) : « Le diabète de type 1 apparait lorsque les cellules β pancréatiques deviennent la cible du système immunitaire et sont éliminées. Nous avons découvert que les cellules immunitaires qui envahissent le pancréas relâchent des vésicules appelées exosomes, capables de transférer du matériel génétique aux cellules β et de les tuer. Nous avons trouvé que, si l’on bloque ce processus, on peut empêcher le développement du diabète chez la souris.  Le but de ce projet sera de mieux comprendre comment les exosomes causent la mort des cellules β et de déterminer précisément quelles étapes de la réaction immunitaire sont bloquées lorsqu’on interfère avec l’action de ces vésicules. Ceci permettra d’évaluer le potentiel thérapeutique de stratégies visant à prévenir la destruction des cellules β ciblées par les exosomes des cellules immunitaires. » Pr Romano Regazzi.

Contribution du foie et des tissus extrahépatiques à la pathogenèse de la résistance à l’insuline, lors d’une infection par le virus de l’hépatite C : projet du Pr Francesco Negro, Médecin adjoint agrégé responsable d’unité, Département de pathologie et immunologie (UNIGE-HUG) : « Dans les pays occidentaux, l’hépatite C (VHC) et ses conséquences représentent la première indication de greffe du foie. La morbidité et la mortalité associées au VHC comprennent des manifestations extrahépatiques, parmi celles-ci, le diabète est particulièrement important. Le VHC cause en effet une résistance à l’insuline qui se traduit par un diabète dans le long terme, avec toutes ses conséquences rénales et cardiovasculaires. Malgré le fait que le VHC infecte exclusivement le foie, la résistance à l’insuline qui lui est associée trouve son origine majoritairement dans les muscles, via des mécanismes encore inconnus. Il s’agit ici d’une étude clinique pour traiter 20 patients atteints d’une hépatite C par une combinaison antivirale très puissante, dans le but d’étudier en détail les modifications du métabolisme du glucose induites par le virus au niveau des tissus extrahépatiques. Ces investigations nous permettrons d’identifier les messagers solubles produits par les cellules du foie infectées par le virus et qui seraient responsables des mécanismes endocrines de résistance à l’insuline mesurée dans les muscles. Les résultats attendus devraient nous permettre non seulement de mieux gérer les altérations métaboliques associées à l’infection virale C, mais aussi de formuler des hypothèses relatives aux mécanismes sous-jacents du diabète de type 2. » Pr Francesco Negro

2015

La Fondation a attribué son prix à 3 projets qui se sont ainsi partagés une enveloppe
de CHF 180’000 :
Le projet des Professeurs Francesca Amati (UNIL) et Howard Riezman (UNIGE sur l’étude des différents types de graisses dans le cadre d’une activité sportive chez les seniors.
Le projet du Pr Pierre Maechler (UNIGE), sur l’étude des mécanismes de la perte de production d’insuline dans un contexte d’obésité.
Et enfin, le projet de Karim Gariani, Assistant-Doctorant (EPFL), visant à développer une nouvelle approche thérapeutique de la stéatose hépatique.

2014

Avec une dotation de CHF 330’000, la Fondation a pu soutenir 3 projets de recherche fondamentale et accompagner le développement d’une application connectée pour diabétiques de type 1 :
Le projet du Pr Thierry Berney, basé aux HUG, portant sur l’élaboration d’une nouvelle matrice pour encapsuler et protéger les îlots de Langerhans et les cellules béta, dans le cadre de greffe de membranes amniotiques foetales humaines.
Le projet du Dr Mounia Heddad-Masson, basé aux HUG, étudie le rôle des modifications epigénétiques et post transcriptionnelles dans la fonction et le dysfonctionnement des cellules alpha pancréatiques.
Le projet du Dr Bernard Thorens, basé à l’université de Lausanne, dont l’objectif porte sur l’identification des bases moléculaires de la différence sexuelle de détection du glucose par les neurones de l’hypothalamus. Les résultats préliminaires de ce projet suggèrent l’existence de mécanismes de détection centrale du glucose, ainsi que la régulation du système sympathique, lié au sexe. Notons que ce dernier projet a pu être soutenu grâce à don important de la Fondation Firmenich.

En 2014, la Fondation a également souhaité soutenir le développement du projet WebDia, mené par le Pr Valérie Schwitzgebel, le Dr Philippe Klee (HUG) et M. Jean-Luc Mando.

2013

2013 fut une année couronnée de succès ! Pour la première fois, la Fondation a dépassé la barre des CHF 200’000 de subsides en distribuant CHF 260’000 à 3 projets de recherche, deux étant basés aux HUG et un à l’EPFL :

Le premier projet récompensé, mené par Mme Elena Katsyuba, vise à évaluer comment l’énergie apportée par les aliments est stockée dans le foie et les cellules musculaires. Le but final étant d’évaluer la qualité de l’alimentation (diététique) sur la production et la dépense d’énergie.

Ce projet devrait permettre de mieux cibler les aliments plus favorables à la perte d’énergie et concerne essentiellement le diabète de type-2.

La deuxième lauréate, la Drsse Charna Dibner, étudie l’influence des gènes de l’horloge (qui nous règlent sur un cycle de 24h), dirigés essentiellement par l’hypothalamus (une petite région située au coeur du cerveau) sur le contrôle de la glycémie pendant le jour et la nuit et ses influences sur la production d’insuline (hormone qui a un rôle majeur dans la régulation des substrats énergétiques) et de glucagon (une hormone qui provoque une augmentation du glucose dans le sang) par le pancréas.

Le travail du troisième lauréat, le Pr Michelangelo Foti, porte sur la résistance à l’action de l’insuline en lien avec les micro RNAs, sorte de gènes, qui ont un rôle clé sur le métabolisme du glucose, sans produire de protéine.

Un aspect particulièrement intéressant de ces travaux est qu’elle s’attache à comprendre le lien entre la prise de poids et la résistance à l’action de l’insuline chez les diabétiques de type-2. Des traitements plus ciblés pourraient résulter de cette recherche.

Cette importante augmentation dans les subsides a été rendue possible grâce à une croissance importante des dons et du nombre de donateurs et nous en sommes très reconnaissants..

2012

Le Prix 2012 de la Fondation Romande pour la Recherche sur le Diabète, d’une valeur totale de CHF 140’000, a été attribué conjointement à 2 groupes de recherche.

Le premier projet, présenté par Smaragda Lamprianou (Département physiologie cellulaire et métabolisme, HUG) vise au moyen de système d’imagerie médicale extrêmement poussée à mesurer l’évolution de la quantité de cellules présentes dans les îlots de Langerhans, ceci de manière non invasives et à plusieurs reprises, de sorte à pouvoir quantifier leur variation dans le temps. Ce projet, très ambitieux dans sa finalité, a pour objectif, à moyen terme, le transfert à la clinique des approches d’imagerie pour le suivi des patients diabétiques.

Cette recherche est importante et en relation avec de nouvelles perspectives médicales permettant d’influencer l’évolution des cellules alpha et beta, particulièrement en stoppant leur baisse ou en facilitant une régénération de celles-ci, notamment les opérations basées sur différentes solutions de by-pass gastrique, qui consistent à réduire le volume de l’estomac et à modifier le circuit alimentaire.

Le deuxième projet, présenté par Yvan Gosmain (Service d’endocrinologie, diabétologie et nutrition, Département de Médecine Interne, HUG, Genève) s’attache à caractériser la proportion de cellules beta produisant l’insuline par rapport à celles de cellules alpha produisant le glucagon présentes dans les îlots de Langerhans. Ces dernières jouent, en fait, un rôle très important également dans le métabolisme du diabète, puisque contrairement à l’insuline, elles stimulent la production de sucre et semblent rester présentes contrairement aux cellules beta dans le pancréas des diabétiques de type 1. Le rôle des cellules alpha dans le (les) diabète(s) est une question majeure, qui ne pouvait être résolue jusqu’à présent, à cause des difficultés techniques posées pour la purification des cellules.

2009

En 2009, la Fondation a attribué son prix à la Doctoresse Pénélope Andreux, du laboratoire de physiologie intégrative et des systèmes du Pr Johan Auwerk de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne.

Le projet a pour but d’identifier de nouveaux déterminants de la fonction des mitochondries par une approche génétique. Les mitochondries sont en effet de petites unités énergétiques de la cellule, en d’autres termes, les générateurs d’énergie de la cellule. La dépense énergétique est donc particulièrement conditionnée par le bon fonctionnement des mitochondries. L’hypothèse du laboratoire du Pr Auwerk est que les mitochondries ne fonctionnent pas correctement chez les patients diabétiques. Par conséquent, il veut identifier les gènes impliqués dans cette malfonction par des études aussi bien chez l’animal que chez l’homme. Le but est évidemment, après l’identification des dysfonctions, d’imaginer des traitements ciblés sur les gènes qui ne fonctionnent pas correctement pour améliorer leur efficacité et augmenter la dépense énergétique.

Ces travaux sont particulièrement prometteurs par leur pertinence chez l’homme avec un but thérapeutique espéré.

2008

En 2008, la Fondation a attribué son prix, d’une valeur de 100’000 francs, à trois chercheurs.

Le premier projet soutenu est celui du Pr Richard James de l’Université de Genève, qui a pour but d’analyser les mécanismes moléculaires impliqués dans les maladies cardiaques dues au diabète, particulièrement la cardiomyopathie diabétique et le rôle potentiellement protecteur du HDL-cholestérol (« bon cholestérol »). Le diabète engendre en effet des problèmes cardiaques responsables du décès d’environ deux tiers des patients diabétiques. Le Pr James cherche à mieux comprendre la survenue de cette cardiomyopathie diabétique, dont les causes sont encore très mal connues.

Pour sa part, le Dr Michelangelo Foti de l’Université de Genève étudie les mécanismes par lesquels l’insuline va agir au niveau du muscle et du foie. Les patients diabétiques présentant souvent une résistance à l’action de l’insuline, le Dr Foti étudie les causes et les conséquences de cette résistance sur le fonctionnement des organes.

Le troisième projet retenu par la Fondation est celui de la Doctoresse Céline Populaire, qui étudie les connexines, des protéines capables de relier les cellules à insuline entre elles, leur permettant ainsi de communiquer. Le but de la Doctoresse Populaire est de déterminer si l’altération des connexines, en particulier la mutation de leurs gènes, peut être l’une des causes du diabète de type II. Elle investigue également les mécanismes moléculaires et cellulaires qui mènent à une dysfonction de la cellule à insuline lorsque les connexines sont altérées.

2007

En 2007, la Fondation a attribué son prix au Dr Emmanuel Disse du laboratoire du métabolisme dirigé par la Pr Françoise Rohner-Jeanrenaud de la Faculté de médecine de Genève. Le projet du Dr Disse a pour but de mieux comprendre les mécanismes de défense du corps humain suite à une hypoglycémie.

Par définition, le diabète implique une élévation de la glycémie. Tous les traitements ont pour but de baisser le taux de glycémie, avec le risque pour nombre de ces traitements de provoquer une baisse trop importante de la glycémie, engendrant l’hypoglycémie.

L’hypoglycémie constitue la limitation majeure du traitement intensif du diabète. En effet, lorsque le traitement du diabète vise des glycémies proches de la normale, le risque de provoquer des hypoglycémies augmente de manière importante.

Comme le cerveau dépend presque entièrement du glucose pour son fonctionnement, le corps humain a développé des mécanismes de protection extrêmement efficaces lorsque la glycémie baisse, par exemple en période de jeûne. Lorsqu’une personne jeûne, c’est la responsabilité du foie de produire du glucose et de maintenir la glycémie.

Pour cette mission, le foie est aidé par plusieurs hormones qui tendent à le stimuler à fabriquer du glucose. Lorsqu’une hypoglycémie survient en réponse à un traitement trop important du diabète, plusieurs hormones sont activées de manière extrêmement rapide pour stimuler le foie à produire du sucre et à compenser l’hypoglycémie. Néanmoins ces mécanismes ne sont pas très bien compris.

Le but du projet du Dr Disse est de mieux comprendre ces mécanismes et notamment le rôle d’une hormone appelée ghreline qui pourrait jouer un rôle majeur, pas au niveau du foie mais plutôt au niveau du cerveau. Ces recherches pourraient mener au développement de traitements beaucoup plus efficaces pour la prévention de l’hypoglycémie.